Questions

Fairtrade Max Havelaar en 8 questions

Qu'est-ce que Fairtrade Max Havelaar?

L’histoire de la Fondation Max Havelaar (Suisse) débute en 1991/1992, avec le lancement de la campagne «Café propre». Initié par six grandes associations caritatives suisses (Swissaid, Action de Carême, Pain pour le prochain, Helvetas, Caritas et EPER) en collaboration avec la coopérative d’importation OS3 (aujourd’hui claro fair trade AG) et le mouvement des Magasins du monde, ce projet avait pour objectif de commercialiser un label de café «propre», issu du commerce équitable, en Suisse.

À cette époque, OS3 et les Magasins du monde vendent déjà du café issu du commerce équitable (pour en savoir plus sur ce modèle de commercialisation alternatif). Alors, pourquoi créer un Label? Pourquoi mettre en place un système complet, avec des standards, une certification et une labellisation? La création du Label répond à la volonté de sortir le commerce équitable de son statut de niche commerciale et, en générant des volumes plus élevés par le biais des grossistes, d’augmenter son impact pour les producteurs des pays du Sud. Dès le départ, la création de Max Havelaar dépend donc du soutien d’au moins une des grandes enseignes de la distribution helvétique, à savoir Coop et Migros. Finalement, toutes deux sont devenues des partenaires commerciaux de premier plan.

Depuis, les acteurs commerciaux conventionnels peuvent apposer le Label Fairtrade sur leurs produits issus du commerce équitable dès lors qu’ils en respectent les critères. À cette fin, des standards commerciaux ont été définis autour de deux grands axes: le prix minimum et la prime Fairtrade.

Au cours des 25 dernières années, ce modèle de Label basé sur des standards a su trouver divers débouchés. Avec une consommation annuelle de 75 CHF par habitant en Suisse (2016), Max Havelaar est parvenu à y produire un effet de masse pour Fairtrade. Néanmoins, ces progrès demeurent modestes à l’échelle globale, puisque même les produits phares du commerce équitable, tels que les bananes (54% de part de marché en Suisse) ou le café, enregistrent une part de marché d’à peine 2% au niveau mondial, voire 1% ou moins pour le cacao et le coton.

L’impact de ce modèle ne se mesure pas seulement en francs et en kilogrammes. Fairtrade est bien plus qu’un simple «prix équitable». Ainsi, le renforcement des organisations de producteurs est au cœur de ses préoccupations. Si, à cet égard, le prix minimum et la prime jouent un rôle clé, la mise en place de structures démocratiques ainsi que des mesures d’assistance sur place constituent également des outils essentiels. L’augmentation et la stabilité des revenus des producteurs sont des facteurs déterminants. Ce faisant, il est crucial d’investir dans la productivité afin d’accroître les volumes produits et par là, les revenus générés. De même, l’impact pour les communautés villageoises a une portée considérable – par exemple par le biais des primes investies dans le domaine de la formation, des soins médicaux ou de l’accès à de l’eau propre.

Comme le montrent diverses études d’impact (réalisées, par ex., par les universités de Harvard, Sarrebruck, Göttingen, etc.), le choix de Max Havelaar de miser sur les volumes, en coopération avec de grands partenaires commerciaux, aura été positif pour nombre de petits producteurs des pays du Sud. Fairtrade est un facteur significatif à plusieurs niveaux: stabilité des revenus pour les paysans, amélioration des conditions de travail pour les ouvriers, processus de démocratisation en vue de soutenir le développement autonome des petits producteurs et des travailleuses, sans oublier la gestion durable des ressources naturelles.

Toutefois, la réalité du marché a beaucoup évolué au cours des dernières années – le développement durable est devenu un courant dominant. Mais bien souvent, les programmes des entreprises servent avant tout leurs propres intérêts plutôt que ceux des producteurs. Il a donc fallu développer de nouvelles approches Fairtrade afin d’obtenir le maximum d’avantages pour les petits producteurs tout en demeurant un partenaire intéressant pour les acteurs commerciaux – par exemple un programme de labellisation pour des matières premières distinctes afin d’augmenter le volume des ventes et à terme, l’impact pour les petits paysans.

Dans quel contexte Fairtrade agit-il précisément?

Dans les pays en développement et émergents, nombre de familles de petits producteurs et d’employés vivent à la limite, voire en dessous du seuil de pauvreté – et ne disposent d’aucune réelle alternative ni perspective dans le secteur agricole. Les petits paysans pâtissent de la fluctuation des prix des matières premières et, bien souvent, des pratiques parfois abusives du commerce intermédiaire local. Par ailleurs, ils sont préoccupés par l’augmentation du coût de la vie et le changement climatique qui les expose au risque de perdre leurs récoltes. C’est dans ce contexte complexe et généralement marqué par la misère qu’intervient Fairtrade, avec l’objectif de renforcer durablement les producteurs par le biais du commerce.

1,4 milliard de personnes vivent sous le seuil d’extrême pauvreté (moins de 1,25 dollar par jour) dans le monde. La majorité d’entre elles (70%) vivent dans des zones rurales où l’agriculture paysanne représente la principale source de revenus. Dans ce contexte, nombre de petits producteurs dépendent entièrement d’intermédiaires aux pratiques abusives. Fournissant des semences et des engrais à des prix exorbitants, ces intermédiaires leur achètent des petits volumes à un prix qui ne couvre souvent pas même les coûts de production. Bien que propriétaires de leur terre, ces petits paysans ne parviennent donc pas à échapper à la pauvreté. Incapables de subvenir aux besoins de leur famille, ils sont nombreux à quitter leurs champs. Pourtant, les petits paysans sont des piliers majeurs de la sécurité alimentaire. Ils produisent 50% de la nourriture consommée à l’échelle planétaire, et plus de 80% des aliments consommés dans les pays en développement. La promotion de l’agriculture paysanne est un outil essentiel de la lutte contre la pauvreté et la faim. C’est précisément sur ce point que Fairtrade opère dans le cadre d’une stratégie globale.

Fairtrade n’agit pas dans un environnement exempt de toute influence extérieure

Système de certification facultatif, Fairtrade implique que les petits paysans s’organisent et commercialisent leurs produits en commun. Plus de 1,66 million de petits producteurs et de travailleuses répartis dans 75 pays y sont associés. Outre des revenus plus élevés et plus stables, cet engagement donne notamment la possibilité aux producteurs de s’autodéterminer et d’assumer des responsabilités grâce à la cogestion de coopératives et de conseils de travailleurs organisés suivant des principes démocratiques. Entre autres choses, ils décident de l’affectation de la prime Fairtrade de façon autonome et démocratique. Dans les coopératives de petits paysans, la prime est majoritairement investie dans des mesures visant à améliorer la production et la qualité. Par ailleurs, des projets communautaires tels que la construction d’écoles, des projets d’approvisionnement en eau ou la mise en place de structures de soins contribuent significativement au développement non seulement de l’organisation, mais aussi de régions entières.

C’est précisément à ce niveau qu’interviennent Fairtrade et son Label axé sur le renforcement entrepreneurial. Le fait de se regrouper afin d’acheter et vendre leurs produits en plus grandes quantités et sans intermédiaires permet aux paysans et aux paysannes de générer une plus grande valeur ajoutée à partir de leurs ressources. Ainsi, ce n’est pas le prix minimum qui est au cœur de l’action de Fairtrade, mais la prime et la création de débouchés. Ces outils sont essentiels pour protéger les (nouvelles) organisations paysannes, car ils leur fournissent un capital complémentaire indispensable à leur développement autonome et à des investissements productifs.

Mais dans le contexte souvent difficile qui est celui des producteurs dans les pays en développement et émergents, la certification Fairtrade ne suffit pas à régler l’ensemble des problèmes économiques, sociaux et politiques existants. Fairtrade est un processus qui mise sur le renforcement des producteurs et le développement sur le long terme. Les petits paysans et les travailleurs se regroupent afin de s’attaquer pas à pas aux racines des problèmes et ainsi, créer un meilleur avenir pour eux, leurs familles et leur entourage. Pas seulement pour aujourd’hui, mais surtout pour la génération à venir.

Ensemble, pour une meilleure position de négociation

L’un des fondements de ce modèle de développement porte sur la mise en place d’organisations démocratiques stables. Prescrit par les Standards Fairtrade, le regroupement au sein de coopératives permet aux petits paysans d’agir à titre collectif sur le marché et par là, d’améliorer leur position de négociation. Dans le même temps, il promeut les échanges et le partage des savoirs. Ainsi, les organisations de producteurs continuent à se professionnaliser et le métier de paysan reste attractif pour la prochaine génération. Et tout ceci profite à l’ensemble de la société. 

Labels Fairtrade: Quelle est la différence entre le label produit et le label programme?

Fairtrade Max Havelaar délivre le Label Fairtrade en Suisse à des produits issus du commerce équitable et d’un mode de production durable dans les pays en développement et émergents. Généralement, ces produits et ces matières premières sont transformés, commercialisés et consommés en Suisse.

Pour les petits producteurs et les travailleuses des pays en développement et émergents, il est essentiel de pouvoir vendre la plus grande partie possible de leur production aux conditions Fairtrade. De leur point de vue, peu importe que leurs matières premières soient utilisées pour fabriquer une tablette de chocolat, un yoghourt ou pour saupoudrer du cacao sur un cappuccino. C’est pourquoi il existe deux Labels pour répondre à ces différents besoin. 

Label Produit Fairtrade

Dans les produits portant le Label Produit Fairtrade, toutes les matières premières doivent provenir du commerce équitable, à l’exception des ingrédients qui ne sont pas disponibles en commerce équitable (par ex. eau, œufs, lait, farine ou sel). Ils répondent au principe suivant: tous les ingrédients pouvant être obtenus en Fairtrade le sont.

Pour les produits composés, c’est-à-dire comportant plusieurs ingrédients (chocolat, biscuits ou crème glacée), le principe est le suivant: les ingrédients Fairtrade doivent représenter au moins 20% de l’ensemble du produit.[1]

Dans un chocolat portant le Label Produit Fairtrade, chaque ingrédient disponible en qualité Fairtrade doit provenir de sites certifiés Fairtrade – du cacao au sucre en passant par la vanille ou les amandes.

Pour les mono-produits, c’est-à-dire composés d’un seul ingrédient (café, riz, bananes, sucre), le produit est toujours à 100% Fairtrade.

Label Programme Fairtrade

Le Label Programme cacao Fairtrade signale que le fabricant utilise exclusivement du cacao issu du commerce équitable pour sa production de chocolat. Ce faisant, les critères sont les mêmes que pour le Label Produit Fairtrade.

Le Label Programme cacao Fairtrade porte uniquement sur la matière première cacao et non sur l’ensemble du produit. Grâce au Label Programme cacao, le fabricant de chocolat peut, par exemple, utiliser du sucre de la région pour fabriquer son chocolat. Ainsi, l’industrie du chocolat conserve son «cachet suisse» tout en permettant aux producteurs de cacao Fairtrade d’améliorer leurs ventes dans les pays du Sud.

Le Label Programme Fairtrade est réservé à trois matières premières: le cacao, le sucre et le coton.

En savoir plushttp://www.maxhavelaar.ch/program

[1] Pour les petits producteurs, il est important que les matières premières qu’ils fournissent puissent être intégrées à des produits composés à partir d’un seuil de 20% et ce afin de pouvoir être utilisées dans un grand nombre de produits. Pour l’heure, près de 900 tonnes – c'est-à-dire environ 2/3 du sucre Fairtrade importé, sont utilisées dans des produits composés (dont plus de 10% dans du chocolat et près de 56% dans des biscuits, glaces et boissons sucrées telles que du thé glacé ou des boissons au chocolat). L’élévation du seuil à 50% entrainerait une diminution significative des ventes, notamment pour les glaces et les biscuits car ces produits contiennent souvent moins de 50% d’ingrédients Fairtrade du fait de leur recette de fabrication.

Combien d'argent les producteurs obtiennent-ils vraiment dans les pays de production?

En fonction du produit et du cours mondial actuel, les coopératives de petits producteurs enregistrent des gains de 15% à 65% plus élevés lorsqu’elles produisent et vendent selon les directives Fairtrade plutôt qu’en conventionnel. Toutefois, les partenaires commerciaux sont libres de fixer le prix de vente final du produit en magasin. Pour des raisons juridiques, Fairtrade Max Havelaar ne peut pas influer sur le prix de vente final. La part du prix de vente qui revient aux producteurs dépend de la chaîne de valeur et varie énormément d’un produit à l’autre. 

Pour les produits Fairtrade aussi, la majeure partie de la chaîne de valeur (transformation, négoce, commercialisation) a lieu dans les pays du Nord (par ex. la torréfaction du café ou la transformation du cacao). Toutefois, l’impact de Fairtrade est tel que les coopératives de paysans contrôlent une plus grande partie de la chaîne de valeur dans les pays en développement et émergents, si bien qu’ils enregistrent des bénéfices plus élevés.

Example: Banane bio Fairtrade

Avec ces bananes bio Fairtrade, les producteurs gagnent 60% de plus qu’avec des bananes bio conventionnelles. Ainsi, ils obtiennent 46 centimes au lieu de 29 centimes par kilogramme.
(Références: Fondation Max Havelaar (Suisse) / The State of Sustainability Initiatives Review 2014)

Example: Chocolat Fairtrade

Avec ce chocolat Fairtrade, les cultivateurs de cacao Fairtrade gagnent 20% de plus que les producteurs conventionnels. Ainsi, ils obtiennent 76 centimes par kilogramme au lieu de 63 centimes.
(Référence: Fondation Max Havelaar (Suisse))

À quoi servent les recettes issues des licences?

La Fondation Max Havelaar (Suisse) n’est pas financée par des dons, mais par les taxes de licence versées par ses partenaires commerciaux. En 2014, ces recettes se sont élevées à 7,2 millions CHF. Comment sont-elles utilisées? Pour assurer l’efficacité du système Fairtrade international, il est indispensable de disposer d’une organisation professionnelle – notamment pour garantir que l’argent et le partage de savoir-faire arrivent là où il le faut, c’est-à-dire chez les petits producteurs et les travailleuses dans les pays en développement. Par le biais des taxes de licence, nos partenaires commerciaux paient les prestations effectuées pour eux par Fairtrade.

Les taxes de licence financent:

  • l’assistance directe aux producteurs par le biais de notre organisation faîtière Fairtrade International
  • l’élaboration de standards et les projets internationaux de Fairtrade International
  • l’assurance qualité et la coordination de la chaîne d’approvisionnement
    le développement des débouchés, la communication et le travail d’information en Suisse
  • l’administration de la Fondation Max Havelaar.

Après avoir effectué des investissements de départ afin de mettre en place une organisation efficace, Max Havelaar ne cesse de gagner en efficacité et d’accroître les effets d’échelle depuis plusieurs années. Et nous poursuivons sur cette voie: dans sa programmation pluriannuelle, Max Havelaar s’est donné pour objectif de continuer à diminuer le pourcentage des taxes de licence. Dans le même temps, nous continuons à investir avec discernement dans l’avenir. Ceci, avec l’objectif déclaré de maintenir l’efficacité de l’organisation dans les pays du Nord tout en générant une création de valeur maximale dans les pays du Sud.

Le graphique suivant montre que le chiffre d’affaires total a considérablement augmenté au cours des dernières années alors que les coûts et les effectifs sont restés stables et que les taxes de licence ont significativement diminué. 

La traçabilité et le bilan de masse, qu'est-ce que c'est?

Normalement, lorsqu’un produit porte le Label Fairtrade, cela signifie (c’est le cas pour plus de 80% des ventes Fairtrade en Suisse) que son contenu provient à 100% d’organisations de producteurs certifiées Fairtrade. Ainsi, une banane portant le Label Fairtrade a été cueillie parun petit producteurs ou un travailleurs certifié Fairtrade. Cela vaut également pour les fruits, les roses, le café, le riz, le miel, les noix ou encore les épices Fairtrade.

À l’heure actuelle, il n’est toutefois pas toujours possible d’assurer cette traçabilité physique pour le cacao, le sucre, le jus de fruit et le thé.

La fabrication du jus d’oranges, par exemple, est un processus mécanique compliqué qui a lieu dans de grandes installations de transformation. En règle générale, les cultivateurs d’oranges ne disposent pas des moyens de production nécessaires. Aussi, ils livrent leurs récoltes à de grandes installations de production où le jus est extrait pour être transformé en concentré. Lors de ce processus, il est possible que les oranges conventionnelles soient mélangées à des fruits issus d’un mode de production équitable. La mise en place d’installations distinctes pour les fruits Fairtrade ferait exploser les coûts à tel point que la production ne serait plus rentable. Les cultivateurs Fairtrade seraient alors évincés du marché.

Ces produits portent la mention «Bilan de masse». Naturellement, la quantité de jus d’orange Fairtrade vendu ne doit pas dépasser le volume d’oranges Fairtrade acheté. Ainsi, les consommatrices et les consommateurs peuvent là aussi être certains que l’organisation de producteurs certifiée pour le produit labellisé Fairtrade a bénéficié des même avantages

Comparable avec l'injection de courant vert

Les clients du courant vert ne reçoivent pas seulement de l’électricité verte. En réalité, leurs prises sont alimentées par un mix d’électricité produite par des sources d’énergie nucléaire, éolienne, hydraulique, solaire et du charbon. Pour séparer complètement le courant vert, il faudrait disposer d’un réseau de répartition spécifique, ce qui serait très coûteux.

En savoir plus

Quel est l'impact de Fairtrade?

Fairtrade renforce les petits producteurs, les ouvriers des plantations et leur famille dans les pays en développement et émergents afin de leur permettre d’améliorer durablement leurs conditions de vie par leurs propres moyens. Avec Fairtrade, il s’agit d’un processus de développement – un moyen de transition en coopération avec tous les acteurs de la chaîne de valeur – du producteur aux consommateurs en passant par les négociants. Avec le label «bio», Fairtrade est le label de développement durable dont l’impact a été le plus largement étudié dans le cadre d’études scientifiques.

Voici l'impact de Fairtrade:

  • Amélioration des revenus et de la stabilité financière pour les petits producteurs – grâce aux prix minimums, aux primes Fairtrade et aux investissements dans la productivité et la qualité
  • Autodétermination et prise de responsabilité du fait du renforcement des structures démocratiques dans les coopératives et les comités de travailleurs
  • Conditions de travail réglementées et meilleure protection sanitaire pour les ouvriers des plantations – grâce aux standards précis et aux contrôles réguliers
  • Protection des ressources naturelles et promotion de l’agriculture biologique – du fait des exigences posées par les standards Fairtrade ainsi que du différentiel garanti pour le bio (les paysans obtiennent un prix plus élevé pour les produits Fairtrade bio)

Les producteurs perçoivent la prime Fairtrade en complément du prix de vente. Ils choisissent démocratiquement les projets qui seront financés par cet argent. Ces projets doivent servir au développement social, économique ou écologique de la communauté.

Dans quelle mesure le label Fairtrade se distingue-t-il d'autres modèles commerciaux alternatifs?

Il existe d’autres organisations Fairtrade en dehors de Fairtrade Max Havelaar. Toutes ont un objectif commun: rendre le commerce plus équitable à l’échelle planétaire. Les moyens choisis pour y parvenir sont délibérément différents et complémentaires. L’objectif de la Fondation Max Havelaar est de permettre à une large couche de la population d’accéder à des produits issus du commerce équitable, également par le biais de grands partenaires commerciaux. Ainsi, un maximum de producteurs peut bénéficier des conditions Fairtrade dans les pays en développement et émergents et un maximum de consommateurs ont accès à des produits Fairtrade pour des prix abordables.

Le commerce équitable est confronté à des réalités des plus diverses, que ce soit au niveau des producteurs ou de la distribution. C’est pourquoi il doit s’appuyer sur plusieurs approches afin que le plus grand nombre possible de petits producteurs puissent être aidés à améliorer leurs conditions de vie. Ainsi, les organisations ATO (Alternative Trade Organizations) ont adopté un modèle commercial où elles achètent les produits elles-mêmes et avec aussi peu d’intermédiaires que possible auprès d’organisations de producteurs qu’elles connaissent. En revanche, le modèle de Label Fairtrade travaille avec un ensemble de standards ouverts à tous à condition de les respecter. Cette approche génère de plus gros volumes – ce qui permet à un plus grand nombre de producteurs de profiter du commerce équitable. Le modèle commercial et le modèle de Label Fairtrade ont en commun le prix minimum, la prime et la promotion de structures démocratiques.

Toutes les organisations commerciales alternatives n’utilisent pas un Label équitable unique. Toutefois, elles s’appuient pour une large part sur les mêmes standards. Elles soutiennent le système de certification Fairtrade qu’elles utilisent elles aussi. Dans le même temps, les différentes organisations Fairtrade s’engagent pour des objectifs communs au sein de l’organisation faîtière Swiss Fair Trade.

La plupart des organisations Fairtrade sont soutenues par les grandes associations caritatives suisses – avec la conscience que la réalisation de cet objectif commun, à savoir rendre le commerce mondial plus équitable, peut emprunter plusieurs chemins. Les associations caritatives soutiennent donc ces deux approches.

Explication des deux modèles

Fairtrade Max Havelaar et les autres organisations de commerce équitable travaillent selon des approches différentes :

Dans le modèle commercial, les ATO (Alternative Trade Organizations) importent leurs produits elles-mêmes et aussi directement que possible auprès d’organisations de producteurs. La plupart du temps, les ATO entretiennent un contact étroit avec ces organisations de producteurs et les soutiennent dans le cadre de projets concrets. Elles s’attachent notamment à augmenter la création de valeur dans les pays d’origine. Les ATO accordent une grande importance au versement d’un prix minimum et de primes, ainsi qu’à la mise à disposition de préfinancements et de plans d’approvisionnement sur le long terme. En règle générale, les ATO sont plus diversifiées que Fairtrade Max Havelaar. Outre des denrées alimentaires et des articles textiles, beaucoup d’entre elles commercialisent des articles en cuir et de l’artisanat d’art. Les ATO partagent la volonté de rapprocher les consommateurs et les producteurs.

Le modèle de Label de Fairtrade Max Havelaar veille à ce que le modèle commercial des ATO trouve sa place dans le commerce conventionnel. C’est pourquoi des standards et des mécanismes de contrôle précis ont été élaborés. Ces derniers comprennent des prix minimums, des primes Fairtrade, des plans d’approvisionnement, des préfinancements, mais aussi des critères écologiques et sociaux. Les acteurs commerciaux conventionnels qui respectent les standards de Fairtrade Max Havelaar peuvent apposer le Label Fairtrade sur leurs produits issus du commerce équitable et les vendre dans leurs magasins, restaurants et hôtels.

Du fait des nombreux produits Fairtrade disponibles dans leur pays, les Suisses sont les champions du monde du Fairtrade. Chaque année, ils consomment des produits Fairtrade pour une valeur de 75 CHF. Comme le montrent diverses études scientifiques, l’impact du modèle de Label s’appuie précisément sur les gros volumes générés. Fairtrade a des effets positifs sur les revenus des petits producteurs, sur les conditions d’embauche des travailleurs, sur les processus de démocratisation et sur la gestion des ressources naturelles.

Plus de questions

Qui est Max Havelaar?

Max Havelaar est le héros d'un roman paru en 1860 sous le titre «Max Havelaar ou les ventes de café de la Compagnie commerciale des Pays-Bas». L'auteur, Eduard Douwes Dekker, écrivit ce roman partiellement autobiographique sous le pseudonyme de «Multatuli».Dekker vécut dans les colonies néerlandaises dès l'âge de 18 ans en tant que fonctionnaire de l'Etat néerlandais. Il y combattit sans succès les injustices qui y régnaient et décida de quitter son poste.

Ce livre et son héros, Max Havelaar, sont très populaires aux Pays-Bas. Lorsqu'a été créée dans ce pays, en 1988, la toute première organisation du commerce équitable, elle s'est donné le nom de "Max Havelaar" pour des raisons symboliques. Ce nom a ensuite été adopté par plusieurs organisations Fairtrade dès leur création, dont l'organisation suisse.

Que signifie le logo de Max Havelaar?

Ce logo montre deux formes qui tendent à s'emboîter l'une dans l'autre. Elles symbolisent la relation entre Sud et Nord. La forme noire au centre figure une personne; elle est le pivot du logo. Max Havelaar assure précisément cette fonction de pont entre petits producteurs du Sud et consommateurs du Nord.

Comment la fondation se finance-t-elle?

La Fondation Max Havelaar est une organisation sans but lucratif qui s'autofinance depuis 2001. Le financement repose sur le produit des droits de licence que la Fondation perçoit de ses partenaires commerciaux pour l'utilisation du label.

Qu'est-ce que Fairtrade International?

Les produits portant le Label Max Havelaar sont commercialisés selon les standards internationaux de Fairtrade International. Aujourd'hui, à travers le monde, des initiatives du commerce équitable de 21 pays sont membres de Fairtrade International.

Fairtrade International est divisée en deux domaines d'activité:

  • Fairtrade International définit les standards internationaux du commerce équitable. Ils englobent un prix minimal, la prime du commerce équitable, des conditions de travail réglementées, des relations commerciales à long terme, ainsi que des directives en matière d'environnement. Par ailleurs, Fairtrade International encadre les producteurs du Sud et leur prodigue des conseils.
    www.fairtrade.net
  • L'organisation certificatrice indépendentante FLO-CERT GmbH certifie et contrôle les organisations de petits producteurs et les plantations. Des inspectrices et inspecteurs se rendent régulièrement sur place pour vérifier que les standards du commerce équitable sont bien respectés. FLO-CERT est accréditée ISO 65.
    www.flo-cert.net
Max Havelaar fait-elle elle-même du commerce?

Non. La Fondation Max Havelaar octroie un label pour des produits commercialisés sur une base équitable, donnant ainsi aux consommatrices et consommateurs l'assurance que ces produits ont été payés à un juste prix et cultivés dans des conditions de travail dignes. Max Havelaar n'est pas une marque mais un label pouvant en principe être apposé sur tout produit de marque répondant aux standards du commerce équitable.

Qu’est-ce que le prix minimum Fairtrade?

Le prix minimum Fairtrade couvre les frais d’une production durable et est défini pour chaque produit par des standards Fairtrade. Pour les producteurs, le prix minimum Fairtrade est un prix garanti qui ne saurait dépasser une limite inférieure et qui leur confère stabilité et sécurité. Si le prix sur le marché mondial dépasse le prix minimum Fairtrade, les coopératives de paysans et les plantations touchent le prix plus élevé du marché mondial. Les prix minimum Fairtrade n’existent pas pour chaque produit.

Qu’est-ce que la prime Fairtrade?

La prime Fairtrade est versée aux organisations de producteurs en plus du prix minimum Fairtrade.  L’argent est ensuite utilisé pour des projets profitant à l’ensemble de la communauté. Les petits paysans et les travailleuses décident de manière autonome, lors d’une procédure démocratique, quels projets ils souhaitent mener à bien avec l’argent de la prime. Ces projets sont par exemple la construction de fontaines d’eau potable et d’écoles, le passage à l’agriculture biologique ou le subventionnement de visites médicales.

Qu’est-ce qui différencie le label Fairtrade Max Havelaar d’autres labels?

A la différence de nombreux programmes de durabilité propres à des entreprises, Fairtrade Max Havelaar est un label indépendant doté de standards transparents et d’un contrôle externe indépendant du marché. Les standards de Fairtrade International comportent des exigences pour chacun des trois piliers du développement durable (commercial, social et environnemental). Ce qui distingue en outre Fairtrade, c’est l’encouragement d’un développement autodéterminé des productrices et producteurs, ainsi que le renforcement et la progression des organisations, tel que stipulé dans les standards. Ces critères de développement englobent notamment des prix minimums garantis même dans les périodes de bas prix sur le marché mondial, des primes fixes en faveur de projets de développement et d’investissements dans la qualité et la productivité, des plans d’acquisition et un préfinancement. Des inspectrices et inspecteurs de l’organe de contrôle indépendant FLOCERT se ren-dent régulièrement sur place pour vérifier le respect des standards Fairtrade. FLOCERT est en outre accrédité ISO 65.

Les produits avec le label Max Havelaar sont-ils de culture biologique?

Le Label Fairtrade est avant tout un label social. Cependant, la liste des critères du commerce équitable comporte aussi des directives environnementales. Par exemple, l'emploi de produits phytosanitaires chimiques, si tant est qu'il en soit utilisé, doit être progressivement réduit. Par ailleurs il existe une liste de produits chimiques interdits. La production biologique n'est pas une condition sine qua non à l'octroi du label Fairtrade, mais de plus en plus de produits Fairtrade Max Havelaar sont certifiés bio.

Par ailleurs, les producteurs perçoivent pour les produits cultivés selon les normes bio une prime supplémentaire, la "prime bio". Grâce à celle-ci, les organisations de producteurs sont rendues attentives à la demande grandissante en produits issus de l'agriculture biologique et encouragées à viser la certification "bio". Cette certification est accordée par des organisations de label de culture biologique qui disposent du savoir-faire adéquat et qui effectuent les contrôles nécessaires.

Est-ce que le travail des enfants est interdit chez Fairtrade?

Les standards internationaux du commerce équitable interdisent toute forme de travail exploitant des enfants. Ceci inclut tout travail dangereux, qui force les enfants ou qui affecte leur scolarisation ou leur santé physique et émotionelle. Fairtrade s'engage à combattre les causes premières du travail des enfants et à empêcher activement l'abus et l'exploitation des enfants. Des experts qualifiés inspectent régulièrement les organisations de producteurs certifiées Fairtrade de manière à contrôler si l'on recourt au travail des enfants. En cas d'infractions concernant le travail d'enfants, Fairtrade prend des mesures immédiates pour traiter le cas et protéger les enfants concernés. Fairtrade par le biais de FLOCERT peut suspendre ou décertifier l'organisation de producteurs au sein de laquelle toute forme de travail des enfants a été constatée. Par la suite, des mesures visant à régulariser la situation sont mises en place. Les organisations de producteurs doivent prendre des mesures internes pour identifier et éliminer le travail des enfants au sein de leur communauté.

PDF "Fairtrade s'engage dans la lutte contre le travail exploitant des enfants" (F)

N'est-il pas plus judicieux, du point de vue de la protection du climat, d'acheter des fleurs cultivées en Europe?

Une étude de myclimate réalisée en 2006 montre que les roses certifiées Fairtrade Max Havelaar importées par avion consomment quatre fois moins d'énergie que les fleurs produites en Europe dans des serres chauffées. La raison est que la culture de fleurs coupées sous serre requiert de l'énergie pour le chauffage, l'éclairage et l'approvisionnement en eau.

Compte tenu des conditions climatiques idéales régnant dans les régions de provenance des fleurs certifiées Fairtrade Max Havelaar (Afrique, Amérique du Sud et Inde), aucun chauffage ni éclarage ne sont nécessaires. Cette énorme consommation d'énergie est ainsi évitée.

A quoi sert le numéro (FLO-ID) figurant sur les bananes, les ananas et les fleurs labellisées Max Havelaar?

Lorsque vous achetez des fleurs ou des bananes portant le Label Fairtrade Max Havelaar, vous trouverez, en dessous du logo un numéro accompagné de la mention FLO-ID. Si vous saisissez ce numéro sur la page principale de notre site Internet, dans la fenêtre "Fairtrade-Code", vous découvrez d'où vient le produit que vous avez acheté. Vous verrez, par exemple, s'afficher de nombreuses informations sur la ferme floricole ou la coopérative bananière qui l'a cultivé.

Pourquoi le label Fairtrade Max Havelaar n’existe-t-il pas pour les paysans suisses?

Le Label Fairtrade Max Havelaar est la garantie d’un commerce équitable avec les paysans et les travailleuses des pays émergeants et en développement. Le commerce équitable est une stratégie mise en place pour lutter contre la pauvreté et il se focalise sur les plus pauvres du monde, à savoir les pays en voie de développement. Il s’agit là de la compétence principale de Fairtrade, et donc de la mission principale de la Fondation Max Havelaar.