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«Le commerce équitable a changé notre vie» |
| Elisabeth Molina Torres |
Elisabeth Molina Torres a appris l’art de la culture du café dès son plus jeune âge. Son père, lui-même caféiculteur, fut l’un des membres fondateurs de la coopérative San Danilo, créée en 1987. Celle-ci est affiliée à la Cecocafen (centrale des coopératives caféières du nord), qui regroupe environ 2100 caféicultrices et caféiculteurs. La Cecocafen a obtenu sa certification Fairtrade en 1997. Depuis, les conditions de travail et de production au sein des coopératives affiliées et, par voie de conséquence, la qualité du café produit se sont notablement améliorées. Grâce à la prime Fairtrade, la Cecocafen a pu s’équiper de deux nouvelles installations de préparation du café par voie humide et d’une installation de séchage fonctionnant à l’énergie solaire, complétées par un laboratoire répondant aux normes européennes. Aujourd’hui, la Cecocafen compte parmi les rares entreprises du Nicaragua à bénéficier d’une certification ISO.
Elisabeth Molina Torres en est fière. Cette caféicultrice de 37 ans possède une surface de trois quarts d’hectare qu’elle cultive avec son mari. A la période de récolte, qui va de décembre à mars, leurs deux fils leur prêtent main forte dans la plantation. Comme les cerises de café ne mûrissent pas toutes en même temps, il faut durant quatre mois passer et repasser sur tous les caféiers pour ne cueillir à chaque fois que les cerises mûres à point. Une fois cueillies, ces fruits doivent être transportés sans délai à Matagalpa, où se trouvent les installations de la coopérative, sans quoi ils se mettent à fermenter et le café sera de mauvaise qualité.
En pleine récolte, il n’est pas rare qu’Elisabeth Molina Torres accomplisse 14 à 16 heures de labeur quotidiennement. Et même en dehors de la période de récolte, ses journées sont longues. En plus de son travail de caféicultrice et de toutes ses tâches de maîtresse de maison et de mère de famille, elle exploite un gîte d’hôtes qu’elle a pu construire grâce à un microcrédit de la Cecocafen. Ce revenu d’appoint, elle l’utilise principalement pour des travaux de réparation dans sa maison.
Pour Elisabeth Molina Torres, deux fois maman, le principal avantage du commerce équitable réside dans la scolarisation rendue possible par la prime Fairtrade et dont profitent ses enfants. Les coopératives affiliées à la Cecocafen investissent une partie de cette prime dans l’octroi de bourses d’étude et de microcrédits, dans le développement du réseau routier et électrique et dans celui des soins médicaux. «Le commerce équitable a changé notre vie», se félicite Elisabeth Molina Torres.