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«On m’a partout chaleureusement accueillie. J’ai été impressionnée de voir à quel point, au sein de ces coopératives, les cultivateurs sont bien organisés et prêts à s’entraider.» |
| Irene Meier, Fondation Max Havelaar |
A l’échelle mondiale, le Pérou est un petit fournisseur de cacao, mais un cacao réputé de grande qualité, d’ailleurs souvent utilisé pour la fabrication de chocolats de spécialité. Il existe dans ce pays plusieurs coopératives de cacao certifiées Fairtrade depuis déjà un certain nombre d’années. Lors de son voyage péruvien de douze jours, Irene Meier a visité trois coopératives: Acopagro, dans la région de San Martín, ainsi que Cacvra et El Quinacho, dans la vallée du río Apurímac. «On m’a partout chaleureusement accueillie. J’ai été impressionnée de voir à quel point, au sein de ces coopératives, les cultivateurs sont bien organisés et prêts à s’entraider. Ainsi, lors de la récolte des cabosses (les fruits du cacaoyer), les voisins se prêtent mutuellement main forte pour pouvoir arriver à bout de ce travail fastidieux.
Fort heureusement, le prix du cacao sur le marché mondial est très élevé depuis plusieurs mois, ce qui profite aussi aux cultivateurs. La prime Fairtrade qu’ils perçoivent pour financer des projets communautaires est en grande partie investie dans l’amélioration de la qualité du cacao qu’ils produisent, que ce soit dans la construction d’installations centralisées où le cacao de toute une région est mis à fermenter et à sécher (ces deux processus sont extrêmement importants pour la qualité du cacao), ou dans la formation continue des cultivateurs, afin qu’ils puissent encore mieux prendre soin de leurs plantations. Les membres de ces coo-pératives savent parfaitement que même le cacao Fairtrade ne trouve preneur que s’il est de bonne qualité. Ces visites m’ont permis de prendre pleinement conscience de l’impact du commerce équitable, me confortant dans mon travail chez Max Havelaar.
Mon voyage au Ghana et en Côte-d’Ivoire, en mai dernier, m’a beaucoup donné à réfléchir également. Ces deux pays fournissent à eux seuls près de 60% du cacao produit dans le monde. Le chocolat est une denrée de luxe et le cours mondial du cacao avait encore rarement été aussi élevé qu’actuellement. Comment est-il possible que les gens qui produisent un aliment d’aussi grande valeur en soient réduits à une telle pauvreté?»
Le Ghana comme la Côte-d’Ivoire disposent de gros volumes de cacao certifié Fairtrade. En raison d’une demande insuffisante de la part des fabricants de chocolat, seule une petite partie de ces stocks a pu jusqu’à présent être écoulée aux conditions du commerce équitable. Irene Meier a visité la coopérative Kuapa Kokoo au Ghana et les coopératives Kavokiva, Uirevi et Coopaya en Côte-d’Ivoire. Kuapa Kokoo et Kavokiva sont certifiées Fairtrade depuis quelques années et ont déjà pu vendre du cacao aux conditions du commerce équitable, contrairement aux deux autres coopératives, qui ne sont certifiées que depuis mars 2009. «Le commerce équitable fait toute la différence pour ces cultivateurs: les coopératives renforcent les structures sociales et elles leur assurent une position bien meilleure pour négocier la vente de leur cacao. La prime Fairtrade qui revient aux coopératives est souvent investie dans l’approvisionnement en eau potable, mais aussi dans des installations sanitaires, des écoles, la rétribution d’enseignants, etc. En Côte-d’Ivoire, où l’instabilité politique persistante et la situation difficile du marché (le marché intérieur du cacao est dominé par des intermédiaires) sont sources de difficultés supplémentaires pour les cacaoculteurs, la prime Fairtrade a permis de mettre sur pied un centre de santé et une assurance-maladie pour les membres de la coopérative Kavokiva – une première dans la région! Ces projets ne bénéficient pas qu’aux cacaoculteurs, mais à toute la communauté villageoise et, souvent, à toute la région. De tels exemples m’ont montré à quel point le commerce équitable est important pour les cultivateurs en tant qu’instrument de lutte contre la pauvreté. Il nous reste beaucoup de travail à faire, notamment en Afrique de l’Ouest, mais aussi dans les autres pays producteurs de cacao. Je suis rentrée en Suisse avec un sac à dos rempli de notes et de tâches à accomplir – et animée d’une motivation plus grande que jamais!»