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«Le joint body est un très bon concept. Il nous permet de développer ensemble des idées et de les partager, et surtout de prendre des décisions en commun» |
| Augustine Deckor, cueilleur Bomarts |
Pour la seconde fois depuis qu’il occupe les fonctions de manager produits pour les fruits frais au sein de la Fondation Max Havelaar, Martin Blaser s’est rendu au Ghana, premier fournisseur du marché suisse en ananas certifiés Max Havelaar. C’était en novembre 2008. Il avait déjà voyagé en 2004 dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, qui ne comptait alors qu’un seul producteurs d’ananas certifiés Fairtrade: la plantation Bomarts, dans le sud du pays. Aujourd’hui, le Ghana compte déjà cinq exploitations certifiées. Lors de sa tournée d’une dizaine de jours, Martin Blaser a pu les visiter toutes, y compris Bomarts une nouvelle fois. «Depuis ma première visite, voici 4 ans, Bomarts a triplé sa production et occupe aujourd’hui quelque 650 ouvrières et ouvriers. Le développement de cette exploitation est impressionnant.» La Suisse est un marché très important pour Bomarts, qui livre chaque semaine des ananas dans notre pays, et ce depuis 7 ans. Ces relations commerciales durables avec les preneurs de licence suisses, dont Coop et, depuis environ deux ans, Manor, donne à la direction de la plantation la confiance nécessaire pour réaliser des inves-tissements conséquents. Grâce à ceux-ci, Bomarts est devenu l’un des plus gros producteurs et exportateurs du Ghana, créant des centaines d’emplois et assurant de bonnes conditions de travail.
Lors de sa tournée de visites, Martin Blaser a pu s’entretenir avec bon nombre d’ouvrières et ouvriers, dont Augustine Deckor, 39 ans, cueilleur et membre du «joint body»: «Le joint body est un très bon concept. Il nous permet de développer ensemble des idées et de les partager, et surtout de prendre des décisions en commun», déclare Augustine avec enthousiasme.
Le joint body de Bomarts a déjà pu réaliser ces dernières années de nombreux projets grâce à la prime Fairtrade, notamment le creusement d’un puits pour approvisionner un village en eau potable. Martin Blaser a eu l’occasion de se rendre sur les lieux lors de son voyage au Ghana. «Lire des informations sur les projets prime dans un rapport d’inspection, c’est une chose. Mais pouvoir se rendre sur place et constater de ses propres yeux l’impact de ces projets, c’est une toute autre expérience. En chemin, j’ai observé beaucoup de gens qui allaient puiser de l’eau dans la rivière – une eau brune et nauséabonde. Grâce à ce nouveau puits, la population villageoise dispose désormais d’un accès direct à de l’eau véritablement potable. Cela démontre d’une façon spectaculaire que le commerce équitable bénéficie non seulement aux cultivateurs et cultivatrices, mais à toute la communauté. C’est là une belle motivation pour mon travail au quotidien.»