Commerce équitable et biodiversité vont de pair

08.02.2010

Communiqué de presse de la Fondation Max Havelaar (Suisse) lorsque l'Année internationale de la biodiversité

La perte de biodiversité est plus qu'un problème environnemental. Le commerce mondial global, qui mise uniquement sur l'augmentation de la productivité et néglige ainsi l'environnement et les hommes, est le moteur de la perte de la biodiversité mondiale. Par des prix équitables, des conditions commerciales à long terme et la promotion de structures paysannes à petite échelle, le commerce équitable fournit une contribution importante à la conservation et à la promotion de la biodiversité dans la partie sud de la planète.

Si les forêts continuent à disparaître et les sols à s'assécher, le fondement de la vie de nombreux êtres humains disparaîtra alors - et leur pauvreté augmentera encore. Les quelque 1,1 milliard d'êtres humains très pauvres, qui doivent vivre avec moins d'un dollar par jour, dépendent d'écosystèmes fonctionnels, servant à couvrir leurs besoins primaires - parce que 70 % de ces personnes vivent précisément dans des zones rurales. L'agriculture y est vitale. D'ici à 2050, la production agricole devrait doubler pour pouvoir nourrir la totalité de la population mondiale. Si la tendance à la culture hautement industrialisée persiste, elle pourrait avoir des conséquences catastrophiques sur la biodiversité (diversité des espèces). Ceci s'applique en particulier à la production agricole du sud de la planète. On y trouve ce que l'on appelle des "hotspots", des territoires dans lesquels la biodiversité est certes particulièrement dense, mais où le potentiel d'une perte considérable de variétés est tout aussi élevé.

Les critères environnementaux stricts Fairtrade protègent le paysage
Les standards du commerce équitable intègrent à différents niveaux la protection de la biodiversité: des plantations dans la forêt primaire sont interdites. La diversification de la production et la conservation de terrains traditionnels sont encouragées. La protection du sol est impérative et requiert des efforts de formation et de contrôle pour la protection contre l'érosion et la conservation de la fertilité des sols (les chercheurs supposent que la plus grande partie de la biodiversité se trouve dans le sol). Pour garantir la qualité de l'eau et les réserves naturelles, des zones tampon pour la terre cultivée doivent être aménagées. En outre, une interdiction des pesticides dangereux est appliquée. Ceci se répercute non seulement de manière positive sur la santé des producteurs, mais également sur l'environnement, car les pesticides menacent également souvent les prédateurs et les organismes innocents. Ceci constitue un danger pour la biodiversité dans l'environnement.

Des paysans bien organisés protègent leurs ressources
Le commerce équitable encourage l'auto-organisation des producteurs en coopératives gérées démocratiquement. Des communautés locales fortes ont tout intérêt à conserver leur base de production et jouent donc un rôle important dans la protection des ressources naturelles. Comme le montrent différentes études, les communautés locales fournissent cette prestation avec davantage d'efficacité et à un coût plus avantageux que l'Etat lui-même par exemple, ou que des entreprises privées. Le commerce équitable améliore de surcroît le revenu des paysans, du fait que les paysans obtiennent également au cours des phases de bas prix du commerce mondial, un prix minimal pour leurs produits, qui couvre les coûts de la vie. Grâce à des rapports commerciaux à long terme et à la prime Fairtrade, les coopératives de paysans peuvent également investir à plus long terme dans la qualité de leurs produits et accroître leurs revenus. Un circuit positif se met ainsi en marche, combattant clairement la pression économique tendant à viabiliser en permanence de nouvelles zones en friche. De manière similaire, le commerce équitable amortit les risques économiques pouvant résulter du passage à la production biologique, ce qui influe d'autre part sur la conservation de la biodiversité. Ainsi, la part de la production biologique pour le cacao, le sucre et le coton provenant du commerce équitable sur le marché suisse est d'ores et déjà supérieure à 80%.

Bilan positif du café et du cacao grâce aux cultures associées
Le café et le cacao, deux produits classiques du commerce équitable, sont souvent cultivés dans des régions attestant d'une haute biodiversité. Ces cultures sont traditionnellement pratiquées dans ce que l'on appelle des systèmes agro-forestiers sous des arbres ombrageant. Ce type d'agriculture est un compromis prometteur entre protection des espèces et utilisation rentable. Outre la culture principale, généralement exportée, d'autres produits tels que les fruits, les épices, les plantes médicinales pour utilisation personnelle ou pour le marché local sont généralement cultivés. En raison des nombreuses niches écologiques, ces systèmes de culture abritent une très haute biodiversité, et la large palette de produits réduit par la même occasion le risque encouru par les paysans. Ainsi, les cultivateurs de café au Guatemala ont par exemple commencé à commercialiser d'autres produits tels que le miel et la cardamone en tant que denrées du commerce équitable. Et dans la plantation de thé indienne de Makaibari sur les collines sud de l'Himalaya, seul un tiers des 670 hectares est utilisé pour la culture du thé; le reste est naturel et sert à la plantation d'arbres fruitiers et de bambous ainsi que d'herbes médicinales et de trèfle. Tout ceci crée un écosystème sain, dans lequel la biodiversité est conservée, y compris les nombreux insectes et espèces animales, si importants pour sa pérennité.

Plus d'informations:
Service médias Max Havelaar: Didier Deriaz,  tél. 024 425 56 33, d.deriaz@maxhavelaar.ch ou
Vesna Stimac, tél. 044 278 99 06

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