Fleurop : fort engagement pour les roses Fairtrade

Fondation Max Havelaar: Monsieur Beer, la Saint-Valentin approche. Quelle est l’importance de cette journée pour Fleurop?

Jörg Beer: La Saint-Valentin est une histoire à succès sans égale. Car, pendant longtemps, elle fut à peine connue. Jusqu’à ce que, dans les années 1980, un large public commence à s’y intéresser. Aujourd’hui, il n’y a sans doute personne en Suisse qui ne connaisse au moins la date de la Saint-Valentin. Pour Fleurop, cette journée a occupé pendant longtemps, dès les années 1990, la deuxième place en termes de ventes après la Fête des Mères. Aujourd’hui, elle est numéro un.

Depuis combien de temps déjà Fleurop collabore-t-elle avec Max Havelaar et qu’est-ce qui l’a motivée à le faire?

Nous proposons des roses labellisées Max Havelaar depuis décembre 2004. A l’époque, Fleurop suivait avec intérêt depuis un certain temps déjà les activités de Max Havelaar. Mais il a fallu que, de notre côté, nous fassions quelques investissements et accomplissions un travail de persuasion. Car nous avons dû présenter le commerce équitable à plus de 400 magasins partenaires en Suisse et les convaincre d’intégrer à leur offre des roses Fairtrade sur une base régulière. Mais la crédibilité et la popularité du label nous ont aidés à faire accepter ce partenariat.
De plus, des études menées par Max Havelaar ont montré que beaucoup de consommatrices et consommateurs souhaitent pouvoir acheter des roses Fairtrade. C’est aussi une raison pour nous de ne pas laisser le champ libre à nos concurrents sur ce segment de marché et de proposer nous aussi ce produit à notre clientèle.

Quelle est l’importance du label Max Havelaar pour Fleurop?

Les fleuristes sont des gens attachés à la nature. La manière dont les articles qu’ils vendent sont produits et commercialisés ne leur est donc pas indifférente. Vous ne trouverez probablement aucun fleuriste qui ne s’intéresse pas à la question des pesticides par exemple. Et, bien sûr, il leur importe aussi de savoir que les personnes employées dans les plantations bénéficient de bonnes conditions de travail.
Max Havelaar revêt donc avant tout pour nous une dimension éthique, mais elle est aussi devenue une petite «success story». Car un très grand nombre de nos clientes et clients en ligne optent pour des roses Fairtrade.

Quelle a été l’évolution des ventes de roses Fairtrade chez Fleurop ces dernières années?

En 2005, 15% des roses commandées chez nous par internet provenaient du commerce équitable. La proportion n’a cessé d’augmenter depuis, et aujourd’hui, une rose sur cinq commandées en ligne porte le label Max Havelaar.

Le commerce floral ressent-il la crise économique? Et qu’en est-il du secteur Fairtrade?

Fort heureusement, nous ne ressentons guère la crise. Après tout, les fleurs font du bien au moral, et le moral, on en a autant besoin – sinon plus – en temps de crise qu’en temps normal. En 2009, notre chiffre d’affaires a été très légèrement inférieur à celui de l’année précédente, ce qui est un bon résultat dans la mesure où 2008 fut une année record. Le secteur Fairtrade a connu la même évolution que le reste de notre chiffre d’affaires.

L’automne dernier, vous avez visité des fermes floricoles Fairtrade au Kenya. Qu’avez-vous retenu de ce voyage? Avez-vous perçu l’impact du commerce équitable sur place?

Nous étions tout un groupe de gérants de magasins Fleurop à faire ce voyage. Après tout, en tant que commerçants, nous voulons savoir où va l’argent. Eh bien, ce voyage au Kenya nous a convaincus. Nous avons pu constater que, d’une part, les standards écologiques sévères sont effectivement appliqués et que, d’autre part, les collaboratrices et collaborateurs perçoivent un salaire décent et bénéficient de bonnes conditions de travail. De plus, l’argent de la prime Fairtrade est versé à des projets communautaires en faveur du personnel. Etant donné que l’exploitant et le personnel ont un droit de codécision, tout le monde apprend à formuler des besoins communs (écoles, soins médicaux, puits, etc.) et à réaliser des projets permettant de les satisfaire. Les effets bénéfiques du commerce équitable sur place nous ont parus évidents et spectaculaires.

Interview fait de Regula Zellweger, Janvier 2010

 

Jörg Beer, CEO de Fleurop